Joëlle l'araignée et ses copains les insectes


Chapitre 3


Nuisette
Illustration
Charles le bousier de ces dames, 12.5 x 5 cm, aquarelle sur carnet, 2016
Copyright © Paul Pinson 2016

Joëlle l'araignée rencontre l'amour de sa vie



Sur les bons conseils de sa tante Aragne du champ,
celui de Marcel, et de son ami le père Ubu,
Joëlle l'araignée partit vers la grande rivière:
la rivière de la Jonction.

Mais les araignées n'aiment pas l'eau,
du moins celles là,
et comme les chats ébouillantés craignent l'eau froide,
donc avant d'arriver,
elle dut prendre des cours de natation et de sauvetage
ainsi que de conduite de bateau à moteur...

Il y en a des choses à apprendre
pour aller dans l'eau pour une araignée.
Avec son gilet de sauvetage
Joëlle avait l'air un peu engoncées

dans son nouvel habit et ses pattes
s'agitaient comme des fils
et taper l'eau avec
des gros plaf plif plouf.

Après un certain temps et
beaucoup d'essais et d'erreurs,
elle réussi à coordonner ses pattes
comme si elle marchait sur l'eau.

On se serait cru sur le lac de Tibériade,
le jour où un certain O Yessousse de Palestrina
faisait du transport maritime pédestre.

Ensuite elle apprit le bouche à bouche,
le massage cardiaque, le débris-filateur
et tout ce qu'un bon samaritain doit savoir!

La conduite de bateau à moteur fut abandonnée,
car elle ne voulait pas aller pêcher des perches à Nyon,
et un petit bateau lui suffisait sans avoir besoin
de passer le permis pour le conduire.

Cela faisait des économies que les fourmis
ne lui auraient pas prêtées, comme chacun sait!

Donc, enfin prête, elle alla à la promenade des Noyés,
et chercha Charles le bousier tombeur de ces dames...

Mais point de Charles le bousier, seul le saule pleureur,
qui avait été anéanti par un éclair un soir d'été,
alors qu'il mettait ses racines dans l'eau,

et, qui maintenant servait d'oracle
pour insectes en perdition,
était encore présent, il allait lui aussi
partir en vacances à Ibiza,
chez Celia la jolie Fleur de Java.

Joëlle s'adressa à lui, et sa réponse
si sibylline la laissât perplexe:

"Le jour où la toile à matelas et la toile de cinéma
seront en os à carie, alors le bousier
nommé Charles sera à tes basques".

Comment interpréter cette phrases
du saule de la Promenade des noyés:
"ardu ardu", elle n'y voyait goutte
quand bien même qu'elle y mettait
ses lunettes de myope.

Hou! là! là! que de “i“ grecques dans cette phrase,
ils se sont donnés rendez vous,
c'est pas vrai, quoi!

Alors, après avoir discuté discrètement
avec la confrérie des "i" grecques,
elle comprit qu'il lui fallait attendre,
que l'os à Carie fut enfin aller
chez la dentiste Mlle Mole en l'air,
à la mesure bien connue de la chimie organique ou pas.

Alors elle se mit à filer sa toile
dans le cabinet des fraises à piston,
les extracteurs de dents cariées
et autres chicots d'amour.

Et un beau jour arrivât le bousier Charles,
qui venait en Os à cari se faire enlever
une dent que le titillait.

Et, là, ou bien hélas, Mlle Mole en l'air
lui arracha tout un fourbi de dents,
qui ne servaient plus à rien, et le voyant édenté,
Joëlle l'araignée prit ses jambes à son cou
ou plutôt ses pattes à son cou.

Mais Charles le bousier de ces dames,
l'ayant entr'aperçu en tomba immédiatement amoureux,
et laissant la dentiste, lui couru au train
et ne la lâcha pas d'un pouce...

Quelle course ce fut alors à travers
toute la campagne environnante!

Comment Charles le bousier arrivera
à ses fins avec Joëlle l'araignée,
vous le saurez en allant au chapitre suivant.


La suite est ici: Joëlle l'araignée 4

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Crée le 31 juillet 2016
Mise à jour le 21 août 2016
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